La Via Ferrata est d'origine italienne. C’est un parcours, à mi-chemin entre l'escalade, la randonnée et l'alpinisme, le long de parois verticales rocheuses. Cet itinéraire sportif est équipé d'un câble et de nombreuses pièces métalliques scellées en permanence dans la roche : câbles, échelons, pont de singe, passerelles à caractères aériens et parfois acrobatiques. Les adeptes de Via Ferrata sont des ferratistes.

À la différence des voies d'escalades classiques, cet équipement permet au randonneur de progresser en toute sécurité, assuré de manière autonome, le long du câble.

 

Le parcours du ferratiste :

La via ferrata nécessite un équipement de sécurité individuel : une longe, liée à un baudrier, et terminée par deux brins auxquels sont accrochés des mousquetons.

Pour aller d'un point à un autre, on doit suivre un itinéraire de randonnée plus ou moins équipé (selon la difficulté proposée) en cheminant verticalement ou horizontalement (en traversée) le long d'une paroi rocheuse. Dans certains cas on doit franchir des passerelles instables, des ponts de singe, des poutres avec beaucoup de gaz (vide) sous les pieds.

Les pièces métalliques assistent le ferratiste  tout au long du parcours. Un câble est en effet fixé le long de l'itinéraire par l'intermédiaire de pitons (ou ancrages) plantés dans la roche, tous les 3 mètres environ. Le ferratiste sera attaché, avec ses longes, à cette "ligne de vie" pendant tout le parcours. Il progresse en posant les pieds sur des fiches, des marches, des échelons métalliques et sur des appuis taillés dans la roche ;
ses mains lui servent à saisir des échelons, des mains courantes, un câble, une prise naturelle dans la roche… Pour agrémenter la sortie (pour faire monter l'adrénaline), il lui faudra parfois cheminer sur des câbles tendus entre 2 parois (ponts de singe) et marcher sur des passerelles lancées dans le vide au-dessus d'un torrent.

De nombreuses Via Ferrata présentent des échappatoires permettant de contourner une difficulté (une passerelle ou une portion de parcours très athlétique). Il convient donc impérativement pour le ferratiste de savoir si l'itinéraire convient à ses attentes, ses compétences et sa condition physique. Certaines Via Ferrata sont "suréquipées" de barreaux et de pièces de toutes sortes et d'autres le sont très peu, ce qui augmente d'autant la difficulté.

Histoire des vias ferrata :

Si les vias ferrata sont apparus au milieu du XVe siècle en Autriche en haute montagne, les premiers aménagements tels qu’on les connaît aujourd’hui ont été véritablement réalisés par les soldats de la première Guerre Mondiale dans les Dolomites (en Italie) à des fins stratégiques, afin de défendre leurs positions et dominer l'ennemi du haut des montagnes. Sur les sommets sont aménagés des cheminements audacieux, des galeries creusées avec des niches pour les tirs de canons. Les déplacements des militaires et l'acheminement du ravitaillement et des armes ont été facilités par l'installation de mains courantes, de pitons, d'échelles métalliques dans les parois rocheuses. Ces parcours ont également été utilisés et développés par l'armée italienne lors de la Seconde Guerre mondiale.

Après la fin du conflit, ces parcours équipés ont été exploités par les villes et les villages italiens qui ont promotionné astucieusement la Via Ferrata dans le but de créer une nouvelle forme de tourisme sportif. La première Via Ferrata équipée dans un but touristique fût construite en 1936 par le Club alpin italien, dans les Dolomites, qui demeure aujourd’hui encore le fief du ferratisme.

Il faudra attendre 1988 en France pour voir naître la première Via Ferrata moderne, à Freissinières dans les Hautes-Alpes. Puis quelques temps après et deux vallées plus loin, l’itinéraire des Vigneaux, marquant le début d’une nouvelle forme d’activité ludique en montagne : la randonnée verticale.

En effet, l’activité Via Ferrata a bien évolué depuis les itinéraires historiques dans les Dolomites. De l’ascension au sommet on est passé à la recherche française, avec ses barreaux plantés dans d’invraisemblables surplombs ou dans de longues sections lisses, un côté purement athlétique absent à l’origine. Pour le plaisir du geste les Via Ferrata modernes passent de tour en tour, montent et descendent afin d’exploiter au maximum la falaise et offrir des panoramas magnifiques.

La Via Ferrata se déroule ainsi dans des milieux très divers, d’une petite falaise que l’on traverse à l’ascension d’un véritable sommet. Il y a des vias quasi-urbaines, situées à proximité immédiate d'un village, d'une ville ou d'une station de montagne. Il y a aussi des itinéraires à plus de 2500 mètres d’altitude, sur de véritables parcours de Haute montagne, nécessitant de partir très bien équipé (vêtements chauds, imperméable, nourriture...) et dont la marche d'approche est parfois supérieure à une heure. On peut y passer à peine trente minutes pour certaines Via d’initiation, quand d’autres nécessitent plusieurs heures voire une journée.

Cette diversité d’itinéraires permet à toute sorte d’amateur de pratiquer la Via Ferrata, à tout âge, et à tout niveau (du sportif montagnard au flâneur curieux).

On dénombre aujourd'hui plus de 70 itinéraires, du massif de la Tarentaise à la Maurienne, en passant par les Bauges, l'Isère, l'Oisans, les Pyrénées, la Loire, l'Auvergne et la Corse.