Quelques conseils de progression:

 

La marche d'approche

La randonnée aquatique

La desescalade

La nage

Le passage en apnée

Le saut

Le toboggan

La main courante

La descente en rappel

La déviation

Le couplage d'amarrages

Le débrayable du haut

Le débrayable du bas

Le rappel guidé

La remontée sur corde fixe

La communication gestuelle et sonore

Les noeuds

Les cotations

 

 

La marche d'approche

Elle peut être agréable ou parfois très rude, de plusieurs heures. Il faut en tenir compte, cela s' accumule à la fatigue générale.

Les sacs doivent être bien préparés pour ne pas gêner lors de la montée. S'il fait chaud, on ne met pas la combinaison (risque d'hyperthermie).

 

La randonnée aquatique

La randonnée aquatique est une technique de progression incontournable en canyoning, des ressauts ou des cascades sont souvent séparés par une distance plus ou moins longue.

Il faut alors marcher dans un milieu ou le terrain est déformé ou masqué par l'eau.

On utilise des chaussures qui adhèrent bien sur la roche mouillée sans pour autant miser sur la parfaite adhérence de celles-ci car la chute est vite arrivée !!!

On respecte le milieu dans lequel on évolue: on marche sur la même trace (sur les berges autant que possible pour ne pas détruire les frayères).

On fait des pauses là où le terrain est peu accidenté et bien ensoleillé. On profite de ce moment de répit pour se restaurer et s'hydrater.

 

La desescalade

L'escalade est utilisée pour atteindre un amarrage haut placé ou pour sortir d'un canyon en cas de force majeure.

 

On utilise souvent la désescalade, notamment pour franchir de cours ressauts non équipés. Il faut faire attention car la roche est souvent très glissante. Pour plus de sécurité on essaye d'avoir toujours trois points d'appuis. Dans certains cas, on descend face au vide (permettant de chercher des pieds ou des mains en opposition). Toutefois on tiendra plus solidement les prises quand on est dos au vide.

 

La technique de l'opposition est conseillée dans certains cas très exposés (quand la configuration s'y prête).

 

La nage

Le néoprène est indispensable dans une eau dont la température varie en général entre 5 et 15°C et ce, même si le soleil est de la partie. Et vu que la conductibilité de l'eau est 24 fois plus importante que celle de l'air, un nageur sans néoprène se refroidira donc 24 fois plus vite dans l'eau que sur la terre, à température égale.

Pour faciliter la progression lorsqu'on doit nager dans de longs biefs, on utilise le sac, qui contient un bidon étanche, comme flotteur.

La nage en eaux vives est dangereuse car de forts courants peuvent maintenir sur place le nageur malgré tout ses efforts, ou le plaquer contre une paroi dans une vasque tourbillonnante

On adopte sans attendre la position de sécurité: on s'allonge sur le dos, pieds vers l'aval (les jambes serviront d'amortisseur en cas de chocs). On est attentif aux éventuels obstacles devant soi (drossage, embâcles...).

 

Le passage en apnée

Il est indispensable de savoir mettre la tête sous l'eau car certains canyons nécessitent des passages en apnée. On vérifie toujours la sortie. On se limite à des passages larges et sans obstacles de 2 à 3 mètres maxi, quand l'eau est claire.

 

Le saut

Le saut est une des techniques de progression les plus ludiques. Il permet de gagner du temps dans les longs canyons ou d'éviter des cascades avec de gros remous à l'arrivée (en sautant au delà de la mousse).

 

Avant tout saut, il faut vérifier la profondeur de la vasque dans laquelle on va sauter.

 

On teste l’adhérence du pied d’appel en appuyant dessus, puis d’un bon appui franc et puissant on pousse sur ses jambes pour sauter. Il s'agit de donner la bonne impulsion en fixant un point de chute qui a été délimité par le coéquipier descendu auparavant.

 

En l’air, on garde le corps droit et gainé en utilisant les bras pour gérer l’équilibre Avant d’arriver dans l’eau on reste bien droit, on ramene les bras contre le corps, on garde les jambes collées avec les genoux légèrement fléchis et les pieds à plat pour amortir l’impact.

En entrant dans l’eau, on expire l’air par le nez et on se laisse remonter à la surface tout en nageant vers le bord.

 

Le toboggan

Le toboggan est l'autre technique très "fun" du canyoning mais il a aussi ses risques. Avant de se lancer dans une glissade effrénée on teste le fond de la vasque de réception, et on vérifie que le plan de glissade ne comporte aucun obstacle.

On se lance ensuite en adoptant une parfaite position (allongée et sur le dos) tout en maintenant ses bras sur le corps. Tout comme lors d'un saut, on reste actif à la réception (gainage...).

 

La main courante

Les pas sur rocher glissant sont dangereux à l’approche d’un passage vertical, par exemple pour rejoindre un relais de rappel installé à l’aplomb d’une cascade, ou aller chercher un équipement hors crue.

Le leader peut accéder au relais en faisant une auto-moulinette depuis des ancrages en amont. Une fois attachée au relais, la corde servira de main courante pour les suivants..

Technique d'une main courante "rappelable"

On fait passer la corde dans les ancrages. On fait un huit d'amarrage (boucle nouée en 8) que l'on vient mettre dans un mousqueton, attaché au pontet (ou au descendeur). De l'autre côté de l'amarrage, on fait passer la corde dans le pirana. Le brin libre est stocké dans un sac attaché au porte-dégaine. La corde doit pouvoir coulisser sans s’abîmer. Si l’ancrage est trop agressif, un maillon rapide sera nécessaire.

 

 

 

On progresse assuré par l’auto-moulinette On peut mousquetonner les points intermédiaires (pour faire passer la corde): le dernier équipier à passer enlèvera les mousquetons. On se longe au relais (en faisant une clé de blocage sur le pirana si les deux mains sont nécessaires pour se longer au relais).

 

 

 

On fixe au relais le bout de la corde qui était mousquetonné au pontet. On tend légèrement la main courante pour fixer au relais le deuxième brin de la corde sur le même mousqueton avec un cabestan: on peut alors tendre davantage la corde en jouant sur le cabestan. Le bout de la corde reste dans le sac de stockage.

Le second peut accéder au relais en se déplaçant longé sur la main courante. Il peut aussi progresser avec un bloqueur (basic placé en bout de longe) en poussant le taquet de celui-ci (sans l'ouvrir !). Il peut aussi utiliser son descendeur. Lorsque tout le groupe est passé, la corde peut être rappelée, aucun matériel n’a été laissé aux ancrages de départ.

 

La descente en rappel

La descente en rappel doit être parfaitement maîtrisée pour être autonome; sinon un contre assurage est recommandé. A l'approche du départ de la cascade il faut repérer le point d'ancrage, s'autoassurer avec sa longe (on veille à ce que le relais de rappel soit constitué de deux points reliés entre eux). Avant de se délonger au départ du relais, tout doit être sous tension, le mousqueton fermé et vissé: un contrôle visuel pour le positionnement du descendeur est impératif.

Sécuriser sa descente en rappel :

En verticale sèche, on peut utiliser les techniques d'auto-assurage classique: descendeur (en position anti-tête d’alouette) en bout de longe (repliée pour éviter la vrille avec la corde de descente); auto-bloquant au pontet.

L’autobloquant (machard, valdotain tressé, shunt) permet de retenir l’utilisateur s’il doit lâcher les mains pendant le rappel (chute de pierres, nœuds sur la corde…). Installer l’autobloquant avant d’installer le descendeur permet de libérer du mou de corde et facilite l’installation du descendeur. On fixe l’autobloquant sur le pontet du baudrier pour le rendre plus accessible.

Au plus cela devient humide, au plus on diminuera, par la technique utilisée, les risques de blocage sur corde: corde réglée au raz de l’eau, pas d’auto assurance (ou prévoir un système de débrayage du haut comme du bas)...

Les caractéristiques des grandes verticales:

Les grandes verticales posent plusieurs problèmes particuliers:

- Leur caractère impressionnant qui peut générer une régression affective (par exemple s'il faut réaliser un auto dégagement sur rappel à 90m de hauteur en combinaison et avec un kit encombrant)

- Si un frottement existe, la durée de la descente et le nombre d’à coups sur la corde peut provoquer une usure dangereuse (il faudra avoir recours à un système de débrayable)

- Des chutes de pierre déclenchées par la corde ou par un équipier

- La cascade déviée par le vent peut devenir dangereuse;

- On n’est plus ni «à vue» ni «à voix» (il faut connaître la communication gestuelle et par sifflet)

- Le freinage important au départ devient très insuffisant en cours de descente (le poids de la corde diminuant): il faut anticiper le freinage nécessaire en bas de la descente, et savoir utiliser un système de freinage supplémentaire que l’on installe progressivement.

Les descendeurs:

Le descendeur classique est le huit. On forme une ganse sur la corde issue de l'amarrage, que l'on passe dans le gros trou du huit. On coiffe le petit trou du huit avec la ganse. Le huit est maintenant solidaire de la corde. On ouvre le mousqueton (accroché au pontet) et on le crochette dans le petit trou. On verrouille le mousqueton. Ce montage présente toutefois le risque de formation d'une tête d'alouette sur le descendeur. En ayant le brin qui passe sur le corps du huit face à soi (on dit le "sourire vers soi"), on réduit ce risque (qui pourrait se présenter par exemple lors du frottement au passage d'un surplomb).

On peut en outre mettre un frein en faisant passer la corde de descente dans le mousqueton (position vertaco)

Le descendeur idéal est le pirana, où plusieurs systèmes de freinages sont possibles, et sans risque de formation d'une tête d'alouette, grâce à son système de griffes.

Le pirana est prévu pour faciliter la modulation du freinage en cours de descente. Dans l'ordre croissant: la ganse face à nous, un brin de l'autre côté, la ganse à l'opposé.

On peut encore rajouter un frein suplémentaire en plaquant la corde de descente contre sa jambe.

Tenue du corps pendant la descente:

La descente s'effectue corps vertical, jambes horizontales et écartées. Lors d'un surplomb, on descend son corps le plus bas possible au moment où les pieds sont sur la cassure: quand on ne peut plus tenir, on se lache (et normalement la tête ne peut pas heurter le rocher ou la main se coincer). En plein vide on adopte la position lorsqu'on est assis sur une chaise. La descente doit s'effectuer sans à coups et régulière pour éviter les contraintes exercées sur les points d'ancrages. A l'arrivée dans la vasque il est conseillé de faire la planche de manière à utiliser ses deux mains pour enlever la corde du descendeur.

Le rappel de la corde:

Comme en grande falaise, il est vital de pouvoir récupérer la corde. Le dernier à passer doit laisser les choses au clair, dévriller la corde, séparer les brins et repérer le brin à tirer du bas. Avant son départ on vérifie du bas que la corde coulisse bien.

Le danger de l'eau:

Dans des passages arrosés ou nécessitant une arrivée très « aquatique », il est indispensable d’anticiper tout problème de blocage sur corde.

Par exemple, la corde s’emmêle très facilement si elle traîne dans la vasque (danger !). Il faut donc éviter d’avoir à enlever son descendeur et donc pouvoir s’échapper rapidement de la zone agitée de la vasque d’arrivée.

Installation d'un rappel arrosé:

Si l'arrivée est aquatique (une vasque avec quelques remous ou une arrivée inévitable sous la cascade), le bout de la corde doit être ajusté à environ 1 m au-dessus de l’arrivée. À l’installation du rappel, deux cas de figure se présentent :

- On voit le pied de la cascade du haut du rappel, il est donc facile d’installer du premier coup la corde du haut (Il est intéressant de savoir lancer avec précision une corde lovée un peu trop longue pour en voir l’extrémité fouetter l’eau, on raccourcis ainsi tout de suite l’excédent)

- Le pied de la cascade n’est pas visible, l’ajustement de la longueur de corde se fait à la descente du premier grâce à un système débrayable du haut. Le rappel est installé avec une longueur de corde d’environ 1/4 ou 1/3 de moins que la longueur de corde nécessaire. Un noeud patate est impérativement mis en bout de corde (puisque l'extrémité de celle-ci est dans le vide !). Un système débrayable est mis en place. Le premier descend en rappel avec un sifflet dont il connait les codes. Dès qu’il voit le pied de la cascade, il s’arrête et prévient son équipier de débrayer par 3 coups de sifflet successifs. Lorsque la corde est ajustée, le premier prévient son équipier par 1 coup de sifflet. Ce dernier refait le nœud d’arrêt. Le premier poursuit sa descente. La corde est installée pour les suivants, après signal (2 coups de sifflet).

La gestion du sac:

Un sac ne se porte pas dans le dos quand on descend en rappel. Il y a le risque d'un retournement si l'eau de la cascade s'engouffre violemment dedans.

Le transport du sac en longe (attaché long avec dégaine au baudrier) peut toutefois devenir problématique dans les verticales arrosées, surtout à l’arrivée où il se transforme en piège mortel dans les branches ou aspiré entre les blocs. Dans ce cas il est préférable de le lancer en téléphérique sur la corde de descente (tenu par deux mousquetons en émérillon ou une dégaine). Attention dans ce cas à bien repérer le brin de descente (toujours à l'opposé du noeud).

Pour un rappel avec la corde en sac, un nœud en bout de corde (accroché en fond de sac) est impératif pour ne pas perdre le brin de rappel.

Descente sur une surface lisse:

La descente en rappel sur surface glissante est délicate. Dans ce cas on n'hésite pas à se positionner en glissade, sur le coté ou même le dos au rocher (le jet de la cascade est dévié par le corps) : la visibilité vers le bas est améliorée et le risque de glissade et de choc est évité. S'il y a une cassure soudaine, la descente en glissage peut s'avérer délicate.

 

La déviation

En cas de gros débit ou de risque de frottement, une déviation de la corde est nécessaire. On la fait passer dans un mousqueton amarré loin de l'axe.

On s’approche de la déviation en descendant A la "bonne" distance, on fait une clé d'arrêt. On se longe court sur la déviation. On fait passer la corde dans la déviation à l’amont du descendeur. On se délonge, et on peut reprendre alors sa descente.

 

Le couplage d'amarrages

Le SAR (système auxiliaire de relais) est pratique pour coupler les amarrages d'un relais (dont les points ne sont pas reliés): il est indispensable de l'avoir au porte dégaines du baudrier. On pense à retourner les mousquetons une fois installés (pour que la bague de verrouillage ne puisse pas s’ouvrir par vibration). On régle alors la longueur (avec un nœud en huit par exemple). Dans la boucle on met un mousqueton maître dans lequel on va pouvoir se vacher.

Attention à la triangulation des ancrages: le sar est monté de façon à ce que chaque ancrage supporte une charge ne dépassant guère 50% de la charge totale. Au delà d'un angle de 60° formé par le triangle, chaque ancrage supporterait un pourcentage beaucoup trop important de la charge. Le huit que l'on installe doit être réglé en conséquence.

 

Le débrayable du haut

Le débrayable du haut permet de gérer les risques aquatiques et les frottements.

On installe un noeud débrayable avec un huit, pour une descente autonome. Avant le départ du premier, le second veille toujours à disposer le 8 permettant de défaire le dispositif de fixation et permettre un débrayage rapide (attention par exemple au coincement d'une broche par le huit en butée). Quand la corde sera sous tension, il sera problématique de décoiffer la deuxième ganse !

On pense à faire un noeud patate au bout de la corde volontairement trop courte. Un équipier descend presque jusqu'au noeud. L'équipier au relais gère le frottement en débrayant doucement.

Arrivé dans la vasque, il donne du mou au nageur (en tirant la corde sous le huit) pour lui permettre de sortir rapidement (attention si la vasque est suspendue à gérer consciencieusement le mou).

S'il s'agit d'une vasque suspendue, il faut impérativement relier la corde de descente au relais intermédiaire.

 

Le débrayable du bas

On l'utilise pour débrayer le dernier qui descend si besoin est. On l'utilise également pour limiter les frottements au même endroit de la corde lorsque le dernier descend (tous les autres ayant dans ce cas été débrayé par le dernier en haut !). Quelque soit la technique utilisée ("ravale ton mou", "remonte le noeud" ou "grande verticale") la corde doit être raboutées pour former une boucle fermée (pas d'extrémité de corde libre !).

Technique du "ravale ton mou":

Elle est plus compliquée (pour le second !) que "remonte ton noeud" [qui consiste simplement à remonter le noeud (de rabout) jusqu'au relais (faisant descendre le système de butée): le second n'a plus qu'à installer son descendeur sous le noeud et à descendre normalement (l'assureur tendra évidemment le brin opposé!)]. Mais elle est plus rapide, puisqu'il n'est pas nécessaire de sortir toute la corde du sac.

- L'équipier qui est descendu installe son bloqueur de poing (basic) sur la corde de descente (pour se rappeler sur quel brin il est descendu).

- L'équipier du haut ravale le mou et renvoie le sac par téléphérique (avec deux mousquetons en émerillon pour éviter le coincement).

- L'équipier du bas raboute les deux extrémités de la corde (jonction simple), puis installe son descendeur juste sous le noeud de jonction (à l'opposé du brin tendu). Il retire alors le bloqueur de poing pour l'installer en sécurité sur le brin de descente. Il se cale derrière un rocher, assis et jambe tendue (il peut aussi réaliser une ancre humaine avec un autre équipier en bas qui le tient fermement à l'arrière de son baudrier).

- L'équipier du haut accroche le huit qui était en butée sur son pontet (sourire vers lui pour éviter le noeud d'alouette), et peut éventuellement rajouter un frein (vertaco). Il ravale le mou pour se trouver en tension sur la corde. Au signal (visuel ou sonore) de l'assureur, il peut alors retirer sa longe et commencer à descendre.

- L'équipier du bas gère le frottement en débrayant plus ou moins.

Technique de la "grande vertivale":

Une "grande verticale" nécessite de rabouter deux cordes différentes. On prend soin de sécuriser la corde de descente par une boucle nouée ou un cabestan dans un mousqueton. On sort un brin du sac de la corde de réserve pour le faire fait passer dans l'amarrage. On raboute les deux cordes. On peut faire descendre la corde de descente en la jetant (attention à ce qu'elle ne fasse pas de noeud ou qu'elle n'aille pas se prendre dans des branches) ou la faire descendre en la faisant coulisser. On installe un système en butée sur la corde de réserve (à l'opposé du noeud de rabout). Le premier équipier peut descendre (sous le noeud de jonction), il peut être débrayé par l'équipier du haut. Quand l'équipier du bas est arrivé, celui du haut pense à faire remonter le noeud de jonction au relais.

Pour le dernier équipier qui descend, il faut alors mettre en place un débrayable du bas.

L'équipier du haut envoie la corde de réserve par téléphérique, puis retire le système débrayable en butée.

L'équipier du bas raboute les deux extrémités pour fermer la boucle. Il tend la corde de réserve et y installe son descendeur en bout de longe courte. En haut, le noeud de jonction est en butée sur le relais.

Pour pouvoir débrayer sur toute la longueur, l'équipier du bas doit préparer un deuxième descendeur en aval du noeud de jonction, relié à son pontet (ceci peut aussi être fait par un autre équipier). Il fait une clé d'arrêt sur ce deuxième descendeur.

L'équipier du haut , installe alors son descendeur sur la corde de descente (en dessous du noeud), et au signal, se délonge pour descendre:il vérifie bien qu'il a enlevé le système en buté (hein Stéphane sinon il faut remoner sur la corde !).

L'équipier du bas effectue le débrayable: si le noeud de jonction arrive en butée sur le premier descendeur, il devra se retrouver en tension sur le deuxième.

Pour désinstaller le système, il suffira de défaire le noeud de jonction en bas (en le faisant redescendre si nécessaire), puis tirer sur la corde de descente.

 

Le rappel guidé

Le rappel guidé a pour but d'éviter un obstacle dangereux lors de la descente (rappel trop arrosé, fissure avec risque de coincement, frottement) ou à l’arrivée dans la vasque (mouvement d’eau ou réception délicate en bas de cascade). Il consiste à tendre une corde en tyrolienne pour guider la trajectoire de la descente.

Rappel guidé tendu du bas:

Le premier équipier descend, se fait envoyer le sac par téléphérique, et raboute les deux extrémités. En amont du noeud, il installe un mousqueton martyre dans le huit du rabout pour éviter un éventuel coincement dnns l'amarrage du haut.

Il remonte le noeud de rabout en butée du relais, faisant du même coup descendre son système de débrayage du haut.

Il installe un système de mouflage sur l'amarrage du bas. Il fait un huit à l'italienne sur l'anneau. Il place un autobloquant (basic) sur le brin tendu, faisant repasser le brin mou dans le mousqueton du basic. Il tend alors la corde guide. Il fait bien sûr une clé de verrouillage du huit à l'italienne.

Le rappel guidé étant prêt, l'équipier du haut installe son descendeur sur la corde de descente et sa longe sur la corde guide.

Pour rappeler la corde, on défait la clé du huit à l'italienne, et on tire l'autre brin.

En cas de blocage, l'équipier du bas peut détendre la corde tendue en enlevant la clé du huit à l'italienne (il la maintient comme pour un débrayable). Il peut aussi installer un mouflage sur la corde de descente par système poulie bloqueur en tête de mouflage. Cette technique sort des compétences de ce site...

Rappel guidé tendu du haut:

Un premier équipier descend et fixe la corde sur l'amarrage du bas avec un noeud patate.

L'équipier du haut va pouvoir alors mettre en tension la corde guide. Pour cela il installe un bloqueur (basic) en suspension en aval du relais (avec mousqueton dans l'anneau) et se sert de son bloqueur ventral (croll) pour tendre la corde en amont, en effectuant un balancier.

Il installe le huit en butée sur le relais, et effectue à nouveau un balancier pour libérer le bloqueur en suspension: la corde guide est tendue (tenue de l'autre coté par le huit en butée). Il peut enlever son bloqueur ventral.

Le second a deux possibilités:

- Il descend en rappel sur le brin mou (soit avec le sac en longe, soit en ayant envoyé celui-ci par téléphérique sur le brin tendu), en s'étant évidemment longé sur le guidé. Dans ce cas, il ne sera pas possible de le débrayer !

- Il utilise une autre corde de descente pour installer un système débrayable, du haut (s'il n'est pas le dernier à descendre) ou du bas (pour le dernier qui descend).

Pour rappeler la corde du guidé, il suffit de retirer le noeud patate de l'amarrage du bas, de le défaire, et de tirer l'autre brin.

 

La remontée sur corde fixe

Une remontée sur corde peut être nécessaire pour un coincement de la corde de rappel, un oubli de matériel en amont, pour prendre un échappatoire, ou porter assistance à une personne. On peut remonter sur une corde simple ou sur une corde double.

Remontée sur corde simple:

- Avec un bloqueur de poing et un bloqueur ventral

On installe le bloqueur de poing (basic) et le bloqueur ventral (croll) sur la corde. Le bloqueur de poing est sur la longe, on accroche au mousqueton de cette longe la pédale (fabriquée à partir d'une cordelette dyneema). Le bloqueur ventral est sur la sangle du baudrier, on le maintient par un harnais de torse (petite sangle autour du cou).

On alterne alors montée du bloqueur de poing et poussée (bien verticale !) sur la jambe avec le pied dans la pédale. La montée est facilitée en lestant la corde en aval.

- Avec une poignée d'ascension et un grigri

On installe le grigri au pontet et la poignée d'ascension (jumar). On fait passer la corde en aval du grigri dans un mousqueton (ovale) accroché en haut de la poignée. On accroche la pédale dans un mousqueton accroché en bas de la poignée.

On alterne alors montée de la poignée d'ascension et poussée (bien verticale !) sur la jambe avec le pied dans la pédale en tirant la corde vers le bas.

-Remontée sur corde double:

On fixe une sangle à la chaussure, et à l'aide de deux mousquetons, on fait un noeud de coeur avec la corde double. On installe le shunt sur la corde double, accroché à la longe

On monte le pied le plus haut possible en tirant sur la corde au-dessus de l'épaule, puis on pousse sur le pied pour monter le shunt le plus haut possible (en gardant la corde sur l'épaule).

 

La communication gestuelle et sonore

A cause de la distance et de l'eau, il est parfois impossible de parler. Il faut donc connaître la communication gestuelle.

STOP

Bras croisés au-dessus de la tête

OK

Poing fermé qui tape sur le casque

DU MOU

Mouvements circulaires avec l'index vers le bas

AVALER

Mouvements circulaires avec l'index vers le haut

CORDE REGLEE

Mains à plat qui se croisent et se décroisent

FROTTEMENT

La main à plat frotte le poing fermé

DEBRAYER

Grands mouvements circulaires avec le bras

CORDE

Les poings serrés se tapent l'un contre l'autre

SAC

Les mains dessinent un carré

ZONE DE SAUT

La direction des bras et leur ouverture déterminent la zone de saut

PROFONDEUR

Indication de la profondeur sur soi ou du nombre de mètres

GLISSANT

Placéd à plat devant soi, une main vient frotter l'autre main

ROCHER

Les deux avant-bras forment un triangle

 

A DROITE ou A GAUCHE

Bras cassé, mouvements vers la droite ou vers la gauche (avec l'autre bras)

Le sifflet permet à deux équipiers de communiquer lorsque le bruit environnant ou l'absence de visuel rend toutes conversations impossibles. Il doit être rapidement et facilement accessible pour faciliter son utilisation, et relié à soi pour éviter les risques de perte. Le code de communication universel est:

1 coup : STOP (1 syllable) : arrêter la descente de la corde

2 coups : LI-BRE (2 syllables) : la corde est libre pour le suivant

3 coups : DE-BRAY-ER (3 syllables) : descendre la corde encore

Il faut siffler les coups de manière bien distincte afin qu'il n'y ait aucune ambiguïté

 

Les noeuds

Le noeud débrayable

Le débrayable permet de dégager rapidement un équipier en difficulté sous une cascade, mais permet aussi de gérer les frottements sur la corde.

Pour réaliser un huit en butée: après avoir fait passer un brin dans l'amarrage (maillon rapide ou anneau), on fait une ganse avec le brin de rappel, que l'on passe dans le grand anneau du huit. On coiffe le huit. On met un mousqueton dans le petit trou du huit. C'est le débrayable.

Pour faire une clé, on fait une autre ganse avec le brin de rappel, que l'on passe dans le grand anneau du huit. On recoiffe le huit. Le mousqueton est toujours dans le petit trou du huit.

Avant le départ, du premier, le second veille toujours à disposer le 8 permettant de défaire le dispositif de fixation et permettre un débrayage rapide (attention par exemple au coincement d'une broche par le huit en butée).

Le noeud à l'italienne

Le descendeur huit peut être utilisé comme système de renvoi anti-retour autobloquant. On croise les deux brins, le brin dur (tendu) venant pincer le brin mou. On mousquetonne le huit par le grand trou.

Pour faire une clé sur le huit à l'italienne, on peut réaliser une clé coiffée. Sinon, on passe une boucle dans le petit trou du huit (si le diamètre le permet ce qui n'est pas souvent le cas), puis on passe une boucle dans la boucle (noeud de mule), et enfin un nœud d'arrêt pour sécuriser l’ensemble.

Le cabestan

C’est un noeud autobloquant, facilement réglable (on peut l'ajuster où on veut avant de le serrer)..

Il permet également d'attacher la corde rapidement pour éviter de perdre cette dernière.

On peut le préparer sur la corde et l'insérer dans un mousqueton (nécessite deux mains !), ou bien le faire directement dans le mousqueton (avec une seule main !). On pense bien à visser le mousqueton.

Le demi cabestan

C’est un nœud de freinage, qui ne bloque pas la corde.

Il est utile pour l’assurage ou le sauvetage; couplé à un mousqueton, il peut remplacer un descendeur en cas de perte de ce dernier.

On peut le préparer sur la corde et l'insérer dans un mousqueton (nécessite deux mains !), ou bien le faire directement dans le mousqueton (avec une seule main !). On pense bien à visser le mousqueton.

Le noeud de coeur

Le noeud de coeur est un noeud d’assurage autobloquant.

Il peut être utile pour une remontée sur corde.

On passe la corde dans les deux mousquetons, on fait une boucle et la passe dans un seul des mousquetons.

Le machard

Ce nœud autobloquant a la caractéristique de glisser sur la corde de rappel, et de se bloquer sous charge.

On fabrique un ficelou avec une cordelette de 70 cm environ de 7 mm de diamètre: on forme un anneau en nouant les deux extrémités (noeud de pêcheur).

On enroule le ficelou autour de la corde, on rejoint les extrémités que l'on attache avec un mousqueton. Celui-ci s'accroche au pontet. Le descendeur se met alors en bout de longe (repliée pour éviter la vrille avec la corde de descente).

Le prussik

Ce nœud autobloquant à la même caractéristique que le prussik. On réalise avec le même ficelou.

On fait plusieurs noeuds d'alouette, et on attache la boucle dans un mousqueton, que l'on accroche au pontet. Le descendeur se met également en bout de longe (repliée pour éviter la vrille avec la corde de descente).

Le valdotain tressé

Le valdotain tressé est confectionné à partir d'un ficélou qu'on enroule autour de la corde. Il convient de trouver le nombre approprié de tours. Le noeud en charge doit pouvoir glisser le long de la corde lorsqu'on le pousse à son sommet.

Le valdotain tressé permet donc de descendre le long d'une corde simple tendue.

Le noeud de pêcheur Il est utilisé pour les anneaux de corde (ficélou), pour accrocher une corde en fond de sac, pour tenir des mousquetons en bout de longe.

Le noeud en huit

C’est un nœud d’encordement (à insérer dans le pontet)

 

 

 

 

ou d'amarrage appelé aussi boucle nouée en 8 (à insérer dans un mousqueton)

 

 

 

 

 

ou de jonction simple (pour rabouter deux cordes).

Repliage de sangle Ce système permet de nouer une cordelette ou une sangle afin de la pendre proprement sur le baudrier pour qu'elle prenne moins de place.

Le nœud patate

C'est un noeud de sécurité à faire en bout de corde lors d'une descente en rappel (quand on n'est pas sûr que la corde arrive en bas, ou que l'on arrive dans une vasque suspendue de laquelle on pourrait être éjecté). Réalisé sur la base d'un noeud de huit, c'est un noeud triple ou quadruple suffisamment volumineux pour ne pas passer un descendeur.

On fait au moins 3 brassées de corde de moins d'un mètre. On prend ces 3 boucles et on fait un noeud en huit bien centré. On serre le nœud brin par brin et on vérifie son aspect.

Clé d’arrêt sur un PIRANA

On peut aussi réaliser plusieurs types de clés de blocage: on fait 2 tours, on fait une boucle puis une boucle dans la boucle (noeud de mule), et enfin un nœud d'arrêt pour sécuriser l’ensemble.

 

 

Les cotations

La cotation vaut pour un débit moyen ou ordinaire, en période habituelle de pratique, donc à niveau relativement bas, sans être forcément à l'étiage.Elle est calibrée pour un groupe de 5 personnes, en situation de découverte du canyon (à vue) et dont le niveau de pratique est en adéquation avec le niveau technique du canyon (les sauts sont considérés comme facultatifs).

Les canyons sont cotés de la manière suivante:
-La lettre v suivie d’un chiffre arabe de 1 à 7 (l’échelle restant ouverte vers le haut) pour la difficulté dans le caractère vertical.
-La lettre a suivie d’1 chiffre arabe de 1 à 7 (l’échelle restant ouverte vers le haut) pour la difficulté dans le caractère aquatique.
-Un chiffre romain pour l'engagement et l’envergure : de I à VI (l’échelle restant ouverte vers le haut).

Par exemple des canyons sont cotés v2 a3 III, ou v5 a6 V, ou v4 a5 III

Difficulté
v: Caractère Vertical
a: Caractère Aquatique

1
Très Facile

Pas de rappel, corde normalement inutile pour la progression. Pas de passage d’escalade/désescalade. Absence d’eau ou marche en eau calme. Nage facultative.
2
Facile
Présence de rappel(s) d’accès et d’exécution facile, inf. ou égal à 10m .Passage d'escalade/désescalade facile et peu exposé. Nage ne dépassant pas 10 m de longueur en eau calme.
3
Peu Difficile
Verticales à faible débit. Réception en vasque avec nage en eau calme. Présence de rappels d’accès et d’exécution simple, inf. ou égal à 30 m, séparés, au minimum, par des paliers permettant le regroupement. Pose de main courante simple. «Marche» technique qui nécessite une attention particulière. Passages d'escalade /désescalade (jusqu’au 3c) pouvant nécessiter l'usage d'une corde. Nage ne dépassant pas 30 m en eau calme Progression en courant faible.
4
Assez Difficile
Verticales de débit faible à moyen pouvant commencer à poser des problèmes de déséquilibre ou de blocage. Rappel (s) d’accès difficile et/ou rappel(s) sup. à 30m. Enchaînement de rappels en paroi avec relais confortables. Gestion des frottements nécessaire Pose de main courante délicate, rappel dont le bas n'est pas visible du départ, réception en vasque avec mouvements d'eau. Passages d'escalade / désescalade jusqu’au 4c ou A0, nécessitant l’usage des techniques d’assurage et de progression. Immersion prolongée entraînant une perte calorifique assez importante. Courant moyen. Siphon large de moins d’1m de longueur et/ou profondeur.
5
Difficile
Verticales de débit moyen à fort, franchissement difficile nécessitant une gestion de la trajectoire et/ou de l’équilibre, Enchaînement de rappels en paroi avec relais aériens. Franchissement de vasque durant la descente. Support glissant ou présence d’obstacle. Désinstallation de la corde difficile (en position de nage ....). Passages d'escalade / désescalade exposés, jusqu’au 5c ou A1. Immersion prolongée en eau froide entraînant une perte calorifique importante.Progression en courant assez fort, pouvant perturber les trajectoires de nage, les bacs, les arrêts ou les reprises de courant.Difficultés obligatoires liées à des phénomènes d'eau vive ponctuels (tourbillons, rappels, drossages ...) pouvant entraîner un blocage ponctuel du canyoniste. Siphon large et jusqu’à 2 m de longueur et/ou profondeur.
6
Très Difficile
Verticales de débit fort à très fort. Cascade consistante. Franchissement très difficile, nécessitant la gestion efficace de la trajectoire et/ou de l’équilibre. Installation de relais difficile: mise en place délicate d’amarrage naturel (bloc coincé, ...).Accès au départ du rappel difficile (installation de main courante très délicate ...). Passage d'escalade / désescalade exposé, jusqu’au 6a ou A2.Support très glissant ou instable.Vasque d’arrivée fortement émulsionnée. Progression en courant fort rendant les trajectoires de nage, les bacs, les arrêts ou les reprises de courant difficiles à exécuter.Mouvements d’eau bien marqués(drossages, contre courant, rappels, vagues, tourbillons ...) pouvant entraîner un blocage assez prolongé. Siphon large jusqu’à 3 m de profondeur et/ou de longueur. Siphon technique jusqu’à 1 m maxi avec courant éventuel ou cheminement.
7
Extrêmement Difficile
Verticales de débit très fort à extrêmement fort.Cascade très consistante.Franchissement extrêmement difficile nécessitant l’anticipation et la gestion spécifique de la corde, de la trajectoire, de l’équilibre, des appuis et du rythme. Passages d'escalade / désescalade exposés, au-dessus de 6a ou A2.Visibilité limitée et obstacles fréquents. Passage possible en fin de rappel ou en cours de rappel dans une (des) vasque(s) avec mouvements d’eau puissants. Contrôle de la respiration : passage(s) en apnée Progression en courant très fort rendant les trajectoires de nage, les bacs, les arrêts ou les reprises de courant extrêmement difficiles à exécuter.Mouvements d’eau violents (drossages, contre courant, rappels, vagues, tourbillons ...) pouvant entraîner un blocage prolongé. Siphon de plus de 3m de longueur et/ou profondeur. Siphon technique et engagé de plus de 1m avec courant ou cheminement ou sans visibilité.

 

Engagement / Envergure
Critères
I
Possibilité de se mettre hors crue facilement et rapidement. Échappatoires faciles présentes sur toutes les portions du parcours.Temps de parcours du canyon (approche, descente, retour) inférieur à 2 heures.
II
Possibilité de se mettre hors crue en ¼ heure de progression maxi. Echappatoire(s) en ½ heure de progression maxi. Temps de parcours du canyon (approche, descente, retour) entre 2 et 4 heures.
III
Possibilité de se mettre hors crue en ½ heure de progression maxi. Echappatoire(s)en 1 heure de progression maxi. Temps de parcours du canyon (approche, descente, retour) entre 4 et 8 heures.
IV
Possibilité de se mettre hors crue en 1 heure de progression maxi. Echappatoire(s)en 2 heures de progression maxi. Temps de parcours du canyon (approche, descente, retour) entre 8 heures et 1 jour.
V
Possibilité de se mettre hors crue en 2 heures de progression maxi. Echappatoire(s)en 4 heures de progression maxi. Temps de parcours du canyon (approche, descente, retour) entre 1 et 2 jours.
VI
La possibilité de se mettre hors crue peut demander plus de 2 heures de progression. Echappatoire(s) le temps nécessaire pour s’échapperest supérieur à 4 heures de progression.Temps de parcours du canyon (approche, descente, retour) supérieur à 2 jours.